Back in the years… ISIS – Panopticon…

Date : 2004

Ipecac (CD)
Trust No One (vinyl)
Robotic Empire (vinyl)
Daymare Recordings (CD)

Tour à tour intégriste, mais aussi fanatique quand il s’agit de défendre un disque, j’ai longtemps méprisé toute cette vague de « post hardcore » américain et suisse. Je dois même préciser que je n’ai jamais réellement accroché au style. Seuls NEUROSIS et ISIS et IMPURE WILHELMINA si on veut bien les intégrer dans cette famille.

ISIS est donc une exception à « ma » règle, et vous vous rendrez compte au fil de mes «Back in the years» que j’ai pas mal de disques cultes dans des courants musicaux sans pour autant être fasciné par leur ensemble.

« Panopticon » est à mes yeux un disque parfait de Post « machin » HxC grâce à sa production implacable, un mix de rêve et de longues compositions savamment construites. C’est évolutif et sans répit, mélodieux et quand le besoin se fait sentir, « blast total » au moment opportun.

Chaque instrument est une mine de langage à décoder et interpréter sans compter. Alors oui, je pourrais détailler chaque instrument, voix et arrangements mais là n’est pas le but… Je suis ici pour parler de mon ressenti…

J’avoue avoir oublié ce disque des années durant tout simplement car je n’étais plus dans le trip, et c’est tout à fait par hasard que je me suis replongé dans cet album pharaonique post moderne, froid au premier abord, mais d’une richesse sans borne à condition d’avoir apprivoisé ce corps étranger.

Le résultat est pour ma part sans équivoque : ce disque défie les saisons car comme je vous l’expliquais auparavant, « Panopticon » semble glacial, donc idéal pour les courts après-midis d’hiver mais on y aperçoit aussi un climat étouffant, languissant et délicatement violent, idéal pour les balades nocturnes en plein mois d’août.

Isis de bonne humeur…

« So Did We », « Grinning Mouths » ou encore « In Fiction » sont des titres longs, progressifs, envoûtant (la ligne de basse de « In Fiction » !!!!) ou les breaks s’enchainent royalement, ou la section basse batterie use d’un métronome naturel et si proche de la perfection que ça en devient une obsession. Pas d’accord avec moi ? Alors suivez mon conseil et désolé papa & maman, mais je ne saurai que vous conseiller de vous installer confortablement au bord d’une rivière, armé d’un petit pétard et d’un bon casque audio tout en scotchant sur ce que je viens de vous décrire.

Aaron Turner est un maître dans la façon de structurer des compos longues (8 min de moyenne) mais ennemies de la monotonie. Enfin c’est mon avis…

Pour finir et pour vous donner un parfum de frustration, je vous aurai bien conseillé de les voir au moins une fois en live, mais le groupe a splitté il y a deux ans, et pour les avoir vu, je peux vous assurer que le voyage valait le détour : présence scénique froide et patibulaire à l’image de l’œuvre discographique d’ISIS mais d’une rare intensité… On prenait un billet sans en connaître la destination et qu’importe, nous voulions juste partir en balade céleste en leur compagnie…

Je vous laisse un lien sympa d’un live du groupe pour la télévision Suédoise…

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