De la connerie recyclée…

Bonjour,

Chère collègue blogueuse de STELLA POLARIS, je tenais pas le biais de cet article, te répondre posément depuis chez moi pour avoir l’opportunité de te déclarer ma flamme incontrôlable et surtout prendre le temps d’argumenter comme je le désire, suite à ta déclaration d’amour pour la fourrure « recyclée ».

(Oui, notre sujet du jour aime appeler ce qu’elle porte sur le dos de la fourrure de deuxième main, achetée en friperie où je ne sais où, et qui selon elle a le mérite de donner une « seconde vie » à une peau d’animal… Notons que ce jeu de mots ne provient pas de mon esprit farfelu, mais bel et bien de notre fan de vêtements vintage…).

Alors que tu défends ton idée en postant le fond de ta pensée sur ta page d’adoratrice de mode, à savoir qu’il est tabou de parler de fourrure, mais qu’on ne juge pas les porteurs de peau de serpent, de chaussures en cuir, ou que sais-je encore, et que le fait de porter une peau de renard de seconde main est selon tes dires, une forme « d’hommage » à l’animal, aux méthodes anciennes, à la finition des coutures, mais aussi un acte écologique puisque tu recycles ta peau de cadavre (pardonne ma vulgarité, mais ici je suis chez moi, et chez moi j’appelle cela ainsi) sans cautionner le commerce abjecte du sujet principal.

Il est vrai que j’aurai pu reprendre tes absurdités en cascade dans mon papier, mais j’invite mes lecteurs à visiter ton petit monde là où ta conscience passe bien loin derrière ta passion pour le prétendu bon goût, plutôt que de salir ma page de tes excuses. (Je n’ai pas la place pour ça, vu le nombre de vulgarités que j’emploie déjà…).

J’aurai aimé ne pas cliquer sur « nouvel article » ce matin, mais tu m’y as un peu forcé, il faut l’avouer, en coupant les commentaires « désobligeants » que je t’ai envoyé et que d’autres ont pu faire. Sur ce point, je tenais à préciser que si tu te décides à lancer un débat, il faut savoir assumer ses propos et accepter les répliques, arguments et comme toutes les vérités sont bonnes à dire, à priori celle qui te dérangent sont à classer dans les cases « non recevable », « agression verbale » ou autre excuse que je ne noterais même pas dans le carnet de correspondance d’un enfant de 12 ans… Bref, passons à l’entrecôte…

Ce que je n’apprécie pas chez toi ma douce flamme, c’est que te soulages la conscience car tu aimes la peau de lapin ou celle d’un renard élevé dans le but de parader sur le corps d’un autre animal bien plus cruel. Car dans ton raisonnement, tu oublies assez facilement que tu cautionnes ce commerce. Neuve ou d’occasion, le produit reste le même, la démarche l’est tout autant et
sa promotion assurée. Tu me sortirais l’argument « mais c’est un hommage au temps qui passe, à la vieille époque », mais je ne saurai quoi te répliquer, si ce n’est que nous parlons de pratiques barbares, violentes et immorales. Toi, tu aimes tellement cette mode et cette « façon » de t’habiller que tu as du ruminer des heures durant pour enfin de te dire « ça y est, je n’ai plus de complexe à oser dire que c’est de la « VRAIE », de la bonne, pas de la contrefaçon mal faite, mais bel et bien du poil de mammifère ». On peut te féliciter pour cette recherche de vérité qui dérange mais qui t’arrange, en revanche accepte celles et ceux qui sont outrés par tes propos. Et il y en a des gens qui défendent ces pauvres bêtes élevées pour te nourrir, t’habiller et te divertir ! Et je vais même t’avouer un secret, il y a aussi des gens qui militent contre cela !!! Même contre le cuir, le gavage d’oie et l’industrialisation animale ! Tu te rends compte? Quelle drôle de passion n’est-ce pas ? Nous on ne fait pas dans le vintage, on fait dans la tolérance, et on pense aux « autres » tout en espérant un avenir meilleur pour tout le monde… On appelle ça l’antispécisme.

Mon avis…

Oui car il faut y venir ! Autant je passe mon chemin sur les gens qui n’en ont rien à secouer des animaux, qui aiment la viande, qui n’éprouve aucune compassion pour ce qui peut vivre, autant ton cas m’interpelle.
En effet, tu oses nous sortir tout un tas de choses affreuses sur les conditions d’élevage, la méchanceté de l’homme sur les animaux et tout ce qui va avec, puis en marge de cet avis pointu, tu te pavanes avec ton manteau poilu en nous sortant grossièrement « j’achète vintage, je ne cautionne pas, mais autant que ça serve… ». Le boycott tu connais ? Non ? Ok… Mais si on applique ce raisonnement d’une stupidité sans faille agrémentée d’une dose puérile de contre sens, on peut alors tout laisser tomber et s’envoyer en l’air ! Si je te suis bien, on peut adapter ta réaction à tous les maux du monde en se disant « c’est pas moi qui l’ai fait fait, donc je peux me permettre » : c’est vrai, pourquoi donner de l’argent à un SDF puisqu’il est déjà dans la rue, pourquoi donner de l’argent aux malades de telle ou telle pathologie s’ils sont déjà condamnés. Personnellement, j’ai honte de rédiger des exemples aussi minables, mais je crois que je suis bien ton raisonnement… Du moins, il me semble.

Sache, ma douce amoureuse de la mort sur la peau, que je préfère les cons qui ne réfléchissent pas plutôt que ceux qui osent se remuer les méninges pour sortir des conneries encore plus laides que leur propre apparence. Tu me suis ?

Alors on pourrait se renvoyer de longues lettres débordantes de sentiments, mais avouons-le, notre relation est vouée à l’échec… Je sais, je suis dur avec toi, on me le dit souvent, c’est mon côté sale sans doute, mais je reste sentimental malgré tout, et au-delà de mes piques, je veux t’aider. T’aider à voir plus loi, à t’ouvrir sur le monde, ses habitants, et ainsi ne pas t’enfermer dans un monde guidé par cette fichue soif de paraître. Et si je peux te donner des conseils en mode, n’hésite pas, je suis très branché maillots de foot sans cuir et bottes en caoutchouc 100% écolo.

Je t’embrasse, et j’espère que la prochaine fois où tu aborderas un sujet délicat et sérieux, tu apprendras à argumenter avec des propos tout aussi sérieux, matures et équitables… Enfin pour l’animal, pas l’objet.

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