Saleté de groupie…

Bonjour,

Rien d’exceptionnel aujourd’hui, tout est encore en place, au balai la poussière, à demain les aveux, priorité à la douceur !

Je me suis sacrifié pour vous en écoutant le nouvel album de THE NATIONAL « Trouble will find me » et croyez-en mon expérience de groupie non rassasiée, j’ai essayé d’être le plus objectif possible en écrivant ces quelques lignes…

Nos exilés culturels à Brooklyn ont, une fois n’est pas coutume, joué la carte de la sobriété en évitant tout marathon promotionnel, regroupant les interviews où les sujets ayant un rapport avec leur précédant album (ndr : « High Violet »), l’harassante tournée de deux ans et la préparation du dernier opus. Ici on ne parle pas du malheur des autres, des inondations en Champagne ou du mariage consumé de Vanessa Paradis et son Johnny et encore moins d’une quelconque introspection thérapeutique qui justifierait le sens d’un titre.

img-1363974196-1e3dd43031e6737055c22dffa66393deChez eux, on se tient droit, pas de vague inutile, on est au rendez-vous pour discuter de « Trouble will find me »  et on s’en tient à ce que tout « artiste » devrait faire : parler musique et seulement de musique. Je ne chroniquerai pas ce disque, ce n’est pas dans mes habitudes, et comme je vous l’ai précisé ci-dessus, je ne suis pas objectif avec ces types. J’avais dit tout son contraire ? 1000 excuses, j’ai certainement menti.

Car oui, on peut avoir 36 piges et se sentir décontenancé par un Morissey ou un Jonathan Coe sans éprouver le moindre complexe. C’est mon cas avec THE NATIONAL, et ce n’est pas un secret… Je n’irai pas agrémenter cette déclaration par des petits cœurs ou des seetings en bas de l’hôtel, mais ces fichus blogs sont là pour exprimer son vécu, ses attentes ou questionnements, moi je fais dans la dénonciation. Je dénonce le peu de choses qui me touchent, et chaque mouvement sonore de Berninger et sa bande me rappelle qu’il y a une vie derrière tout ce méli mélo.

Ce nouvel album est indéniablement un bon cru. Sobre, classieux, en rien révolutionnaire certes, mais lorsqu’on n’a plus grand chose à prouver, ni pression de résultat en vue d’un treizième moi hypothétique, on est en droit de se la jouer décontracte. « Trouble… » est aussi moins « ambitieux » que son prédécesseur, j’entends par là que certaines chansons sont beaucoup plus à l’image de « Boxer », moins travaillé mais tout de même soigné et réfléchi et sans aucune idée de régression artistique, plus par maturité dans l’écriture. On devine aisément que ce disque s’est construit dans l’ordre des choses, sans panique et avec une assurance qui habite les groupes sains d’esprit, harmonieux et studieux. Tout coule de source, tout est naturel et épuré.

Alors oui, ce disque me semble un brin moins épique et peut-être inégal, mais les pépites sont au rendez-vous. Je me suis laissé glisser les yeux fermés sur la moitié des titres et certains mériteraient une place dans la catégorie « tubes ».

« Don’t swallow the cap », « Humiliation », « This is the last time », « Demons » (le premier single diffusé), « I need my girl » sont des compos fabuleuses, remplies de rythmes enivrants, de refrains que l’on fredonnera  avec assurance et de fables magistrales où l’on est en droit de se demander si l’on doit éprouver de la tristesse, de la joie ou pire encore… « Humiliation » et « This is… » nous offrent une façon différente de voir THE NATIONAL, avec ces mélodies enivrantes structurées sur des boucles imparables et irréprochables d’éfficacité, et que dire du déjà incontournable hit « Sea Of love » qu’on a pu découvrir sur la toile avec cette vidéo.

On note la collaboration de Richard Reed Parry (ARCADE FIRE), SUFJAN STEVENS ou encore ANNIE CLARKE (ST VINCENT) et SHARON VAN ETTEN.

Personnellement, je me sens paisiblement rassasié et pleinement satisfait de retrouver ma bande son favorite qui résumera à merveille l’ensemble de mon passage sur terre. Ouais rien que ça.

Je vous laisse, il y a un sujet sur l’Eurovision que je ne voulais surtout pas manquer… Ah ces « artistes »…

PS : ci-dessous la bande annonce du documentaire réalisé par Tom BERNINGER, (encore une histoire de frangin !) durant la tournée de « High Violet » :