La viande voit rouge… Part 2.

Bonjour,

Je vous avais promis la suite de ma synthèse sur le livre « La viande voit rouge » la voici ! Ok, j’ai pris un retard monstrueux, la faute à mon éternel sens de l’organisation, mais aussi à mon déménagement, les cartons, les camions, le rangement, les chèques à l’agence, au vendeurs blonds de meubles cheap etc. Question de timing.

J’ai du également revoir mon plan de départ en développant mon analyse et j’en suis arrivé à la conclusion que cette dernière sera réalisée non pas en 3 parties mais en 5 ou 6 !

ça fera beaucoup de lignes et de lecture, mais je présume que ça en vaut la peine.

Voici donc la deuxième partie…

I- L’homme respecte les animaux, êtres sensibles.

Une première partie au titre froid et presque distant avec « leur » quotidien de professionnels de l’élevage. Un titre austère accompagné d’une citation de Jean-Meyer (philosophe) « Nous sommes des animaux, mais on n’est pas des bêtes »…

D’emblée, les défenseurs des animaux en reprennent une couche afin de les différencier de leur soit disant proximité avec le monde animal : « Il faut purement et simplement interdire à l’homme d’utiliser les animaux ». Certes, dans un monde idéal, nous serions satisfaits sans commune mesure de ne plus être les témoins ou les complices de n’importe quelle forme d’exploitation, mais pour faire court, la plupart des défenseurs des animaux ne sont ni stupides et encore moins utopistes et il ne faut pas être détenteur d’une thèse en agro alimentaire pour d’ores et déjà accuser ouvertement les auteurs de pratiquer un argumentaire manichéen visant à nous fragiliser dans notre démarche mais aussi à nous diaboliser dans le sens où nous représentons un réel danger éthique et philosophique face à leur mastodonte d’industrie. Devrions-nous être comparé à une micro résistance face à un ordre établi ? L’avenir nous le dira.

Revenons à nos moutons…

Mr LAPORTE et MAINSANT poursuivent en endossant une blouse d’instituteur afin de nous donner une leçon d’histoire sur l’évolution du règne animal aussi grossiere que certaines copies (dont les miennes) de lycéens s’attelant à produire un résumé de texte. Grossier de par les faits historiques mais aussi par le survol très léger d’un sujet aussi fascinant qu’enrichissant : l’évolution du monde et de ses habitants humains et non-humains.

Poursuivons dans l’irréel : Concernant l’intelligence (sujet aussi délicat au sein même des collectifs scientifique et de défense des animaux) une question nous est posé : « A-t-on vu un singe partir en forêt pour cueillir des noix et emporter le caillou qu’il a préparé pour lui servir de casse-noix ? Non, il cherchera un caillou sur place… ».

Vous ne rêvez pas, c’est inscrit noir sur blanc en bas de la page 32 ! Cette phrase est donc censée résumer et expliquer au public pourquoi nous ne pouvons guère parler d’intelligence dans le monde animal. Messieurs LAPORTE et MAINSANT n’ont probablement pas pris connaissance des dernières études appliquées sur le fonctionnement d’une famille d’orques ou de delphinidés. Dans le cas contraire, ils nous parleraient d’une intelligence incomparable avec l’Homme, ce qui est en partie vraie, mais qui mérite de s’y attarder ne serait-ce que par désir d’en apprendre un peu plus sur nos compagnons de route… Je cite les dauphins comme j’aurai pu parler d’autres espèces vivantes, mais là n’est pas le but du « combat » si on en revient au principe fondamental de la vie et du respect des êtres pouvant éprouver de la compassion, de la douleur et certains ont même conscience de leur « personne ».

On peut aussi se perdre dans des explications ou des bases scientifiques. Ces dernières étant encore au stade élémentaire de nos connaissances vis à vis des animaux : physiologie, génétique et structurel etc. Mais il semblerait que cette base de travail dans « La viande voit rouge » soit secondaire et non maîtrisée. Je ne m’y attarderai pas non plus, étant un simple bloggeur aux notes en sciences proches du néant.

Bien-être animal : la réponse des éleveurs sur la relation Homme-Animal.

Sous couverts d’être en relation directe avec leurs bêtes, Mr LAPORTE et MAINSANT nous expliquent la chose suivante : « Les libérateurs des animaux semblent ignorer totalement ce volet (de la relation homme-animal et, dans leur outrance, ils en oublient que l’homme et l’animal domestique sont partenaires sur Terre. Il appartient donc à l’Homme de vivre en « bonne harmonie » etc. ».

Serions-nous des ignorants ? Défendrions-nous une cause sans en connaître les tenants et les aboutissants ? De mon côté, je n’ai pas la prétention de connaître l’ensemble de ce sujet fascinant car la protection animale ne se résume pas à aimer et juste « considérer » les animaux comme des êtres à part entière, ni de défendre l’idée radicale qui consisterait à court terme de vivre en harmonie avec les animaux ! J’y mettrai (comme la plupart des militants) plus de subtilité, de réflexion et de finesse.

BB en campagne contre la chasse aux phoquesLes avancées de prise de conscience des gens ont débuté il y a bien longtemps (Pythagore, Aristote, Gandhi, Tolstoï, Claude Levi-Strauss, Oscar Wilde etc.).

Chaque jour, nous pouvons matérialiser les actions des gens qui pensent au bien-être des animaux, l’intérêt de plus en plus grandissant sur les conditions d’élevage intensif, de sujets ici et là dans les médias, dans la rue, lors des dîners entre amis, sur les réseaux sociaux etc. mais nous savons pertinemment que le chemin est encore long afin de vivre en totale harmonie et qu’il faudra encore beaucoup de temps avant d’espérer la considération totale de nos compagnons !

L’espoir est bien présent, ce qui est motivant et rassurant, car même dans un pays comme la France, terre de traditions de la bonne table et de culture (au-delà de la viande) les idées reçues évoluent dans le bon sens. Le souci est que les éleveurs, bien que proches de leurs bêtes, sont aussi proches de leur « gagne pain » et je ne permettrai jamais de juger un homme sur son travail, mais reprocher aux « libérateurs des animaux » d’être ignorants et dangereux est une ignominie qui mérite un Lol d’Or.

Oui nous sommes potentiellement dangereux pour l’économie de la viande et du lobby, et comme souvent le danger est lié à la peur, il est évident que ce ressenti est lié cette prise de conscience partielle des populations des pays développés.

Bidoche Fabrice NICOLINOEn effet, l’info passée sous silence est de plus en plus difficile à contrôler et filtrer (Internet, investigations de très bons reporters, philosophes, écrivains comme Jonathan SAFRAN FOER, Fabrice NICOLINO et célébrités comme BB, Joaquin PHOENIX etc.), car le monde de l’élevage et de l’exploitation est confiné au plus profond des mondes silencieux. Il y a encore peu de temps, il était quasiment impossible de voir des images filmées dans des abattoirs ou des fermes d’élevage, alors qu’aujourd’hui les vidéos prospèrent sur Internet, des gens s’organisent pour dénoncer les pratiques cruelles d’un business lucratif et aux passes droits de plus en plus effrités par l’évolution médiatique !

Alors oui, les responsables des firmes industrielles ont peur de nous. Peur que l’envers de la médaille se retourne, alarmés par l’opinion grandissante qui va non pas dans notre sens, mais dans celui des êtres sans voix. Notre lutte est légitime et peu de gens restent insensibles à cela. Voilà peut-être un élément de réponse à la réalisation de ce livre ?

L’élevage intensif.

Brève immersion dans le monde de l’élevage intensif, nos auteurs résument en 5/6 lignes notre point de vue : « Les associations de protection animale sont très agressives vis à vis de l’élevage intensif moderne, qualifié d’industriel, qui reposerait exclusivement sur la souffrance animale. Pour émouvoir l’opinion, elles accusent les éleveurs et autres professionnels d’être des profiteurs qui exploiteraient la souffrance animale » (ndr : P.38). Les articles du Code Rural L. 241-1 L. 214-3 et l’article 521-1 du Code Pénal sont à consulter afin de vérifier les normes et les détails des lois qui entourent l’élevage intensif.

Pour faire bref, je vous transmets deux vidéos parmi des centaines d’autres qui ne correspondent pas « exactement » à la pseudo vérité du livre (ndr : attention images choquantes).

Là où nous sommes en droit d’être agacé plus que de raison se trouve dans la page suivante (P. 42) où l’on trouve les 5 principes de liberté du rapport Brambell en élevage intensif :

  • L’absence de lésions ou de maladies,
  • Un environnement climatique et physique non agressif,
  • Une nutrition adéquate,
  • L’absence de peur ou de stress,
  • La capacité d’expression des comportements « normaux ».

(Source : http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2010/gautier_a/pdf/gautier_a.pdf).

Si vous me trouvez plus de 25% de « fermes » d’élevage intensif où les 5 principes sont respectées à la lettre, je vous offre un couscous vegan dans n’importe quel resto veg’ du monde.

Afin de se dédouaner de cette cruelle réalité, les auteurs vantent les avancées des conditions d’élevage pour les poules à chair, pondeuses, porcs, vaches etc. : transport, bâtiments mis aux normes, développement des espaces de « vie », ouverture sur l’extérieur arguant même qu’en France la quasi-totalité de l’élevage des ruminants n’a plus rien d’intensif !!!

Pour en finir avec cette partie grotestque, choquante à tous points de vue, nous avons droit à un aveu redoutable qui pourrait presque passé inaperçu devant une personne n’ayant que peu de connaissances dans ce domaine:

« Accuser l’élevage intensif moderne de maltraiter les animaux est un exagération et un mensonge ».

Ils peuvent donc parler de réussite économique et d’avoir rendu les produits animaux accessibles au plus grand nombre, de mon côté, je ne saurai comment m’endormir après de telles fumisteries !

L’élevage intensif et la question des droits des animaux.

Vous vous en doutez, nos deux auteurs ont une crainte palpable de la possible évolution des droits des animaux en matière d’élevage : « Faire de l’animal un sujet de droit, ce serait bouleverser une hiérarchie homme-animal qui a, depuis les origines, structurés nos sociétés (…) L’évolution a donné à l’homme l’intelligence, la culture, une morale (…) Instaurer une égalité d’espèce c’est rabaisser l’homme au niveau de l’animal. Et il serait dangereux pour tous que l’homme se comporte comme un animal ».

Je vous laisse le soin de réfléchir à cette déclaration. Pour ma part je vais juste apporter une précision sur ce qui suit : « Les végétariens et végétaliens ont le droit de refuser la viande et les produits animaux, mais ils n’ont ni la légitimité ni le droit d’imposer à leur voisin le même choix ».

Encore une technique de diabolisation ? en tout cas cela y ressemble à s’y méprendre non ?

Tout comme vous, je connais des dizaines de végétariens, vegans et sympathisants. Très peu voir aucun n’ont la prétention ou la mission de rendre nos voisins veg’. Nous avons juste la prétention de sensibiliser notre entourage par le biais de discussions, d’échanges de points de vue si cela reste correct, constructif et « mature » évidemment. Nous ne prônons pas un retour en arrière qui consisterait à redevenir des hommes des cavernes, image clichée et irréfléchie, mais plutôt d’adapter notre mode de vie contemporain en compagnie d’animaux vivant dans le bien-être et l’harmonie que Dame Nature souhaitait il y a bien longtemps…

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